alchimie1Vous trouverez réunis ici des notes, un peu décousues, sur l’Alchimie. Rien qui soit une explication de l’Art Royal ou même un historique. Juste quelques éléments au cas où.

Bonne lecture.

1. Origines

Le mot alchimie provient du terme « EL KIMYA » dérivé de l’égyptien kème (terre noire). Les alchimistes de tout temps font découler leur travail de cette terre noire l’al-chimia. De plus, le terme kème pourrait provenir de Chem fils de Noë (selon la Tradition, Chem pratiquait le magie).

D’autres font remonter l’alchimie au forgeron de la Bible Tubalcaïn.

D’aucun font également d’Hermès Trismegiste (le trois fois grand) le père de l’Alchimie, la Science Hermétique. Selon Edouard Schuré (Les Grands Initiés) Hermès désignait à la fois un Homme (l’initiateur de l’Égypte), une Caste (le Sacerdoce) et une divinité (le dieu Thôt ou Mercure). On attribue à Hermès l’écriture de la Table d’Émeraude.

Si l’on veut donner une définition simple de l’Alchimie, on peut dire que l’Alchimie est un art occulte qui se transmet par tradition écrite ou orale et qui a pour but de retrouver les secrets perdus de la Nature.

2. Petite Histoire de l’Alchimie

Aussi loin que l’on puisse remonter dans le temps, on peut trouver des traces laissées par des adeptes de l’Art.

Les Chaldéens ont associés les procédés métallurgiques à l’Astrologie pour déterminer les dates des opérations alchimiques. Ainsi, les astres et la Nature étaient étroitement associés au travail des métaux dans l’antiquité.

Dans la Bibliothèque d’Assurbanipal (VIIème s. av. J.C.) figure le livre de « La Porte du Four » qui donne des indications quant aux précautions à prendre pour installer son four métallurgique, ainsi que des descriptions techniques (fabrication de verres colorés par l’adjonction de métaux).

En Chine, l’Alchimie est influencée par le Taoïsme, ainsi, les métaux et les minéraux sont classés en Yin (féminin, négatif) et en Yang (masculin, positif). Selon la tradition, les Chinois pratiquaient l’Alchimie vers 4500 avant J.C.

« Le Tao produisit l’Un, l’Un produisit le Deux, le Deux produisit le Trois. Le Trois produisit les êtres et toutes les choses. Tous les êtres et toutes les choses sortent du Yin et vont au Yang. » (Le Livre des Mutations).

Dans l’Antiquité, on trouve également des traces de l’Alchimie. Ptolémé Sôter, général d’Alexandre, convie à sa cour les savants de l’époque dont Démétrius de Phalère qui fonda l’Ecole d’Alexandrie qui comptera des hommes tels Euclide, Ptolémé, Pappus, Philon, Plotin, …

Démétrius organisa une bibliothèque qui s’accrût à un tel point qu’il fallut l’abriter dans un grand bâtiment le MUSEUM (La Grande Bibliothèque d’Alexandrie) dans lequel ont pouvait trouver des manuscrits consacrés à l’Alchimie.

Le papyrus « Physika Kai Mystika » est un écrit alchimique contenant la théorie et la pratique de l’Art, il est attribué à Bolsos ou à Démocrite. Selon Bolsos, « la nature est charmée par la nature, la nature vainc la nature et la nature domine la nature ». Ainsi, ce que la nature a réalisé, l’homme peut le reproduire artificiellement.

D’autres Papyrus traitent également de l’Art : Papyrus de Leyde qui contient 101 « recettes » et le Papyrus d’Upsala qui décrit 152 recettes dont 9 concernant exclusivement les métaux.

Au IVéme s.avant J.C. Zozime de Panopolis compose un grand traité d’Alchimie dont il ne reste que quelques fragments. Il utilisa un symbolisme qui deviendra l’apanage des alchimistes du Moyen Age.

Stephanus D’Alexdrandrie qui enseigna sous le règne d’Héraclius et fut le contemporain de Platon et d’Aristote, rédigea un traité « Les Neufs Leçons d’Alchimie » dans lesquelles il développe certaines théories alchimiques que l’on retrouvera au Moyen Age et à la Renaissance. Ainsi, dans la troisième leçon on peut lire « L’œuvre chimique est l’image du monde, elle amène à l’Unité les corps métalliques transformés , en opposant leur nature » et dans sa cinquième leçon il dévoile la théorie des Quatres Eléments commune à Platon et à Aristote. On peut y trouver également la conception alchimique du Soufre et du Mercure.

Au début de notre ère, on retrouve plusieurs philosophes arabes tels Geber, Rhazes ou Artéphius. Geber, Abu Musa Djabir al Sufi ou Abou Abdallah Djabir ben Hayyan, émet au VIIIéme S. la théorie selon laquelle les métaux sont composés de deux éléments de base : le Soufre et le Mercure (des Philosophes). Il suffirait de faire varier les proportions pour changer la nature même du métal. Par cette action, on peut soigner les métaux « malades » imparfaits et par transcendation créér de l’or. Pour Geber, le Magistère est le moyen d’atteindre la Sagesse Divine.

Rhazes, Muhammad Ibn al Rhazi, médecin directeur de l’hôpital de Bagdad au Xème s. rédigea le « Livre des Secrets » et découvrit lors de ses manipulations l’alcool.

Artéphius, alchimiste arabe du XIIéme s., fera intervenir les astres dans la détermination des proportions de Mercure et de Soufre contenues dans les corps simples.

Au XIIIéme s., on voit la traduction par Moïse de Leon du Sefer Yetsira et du Sefer al Zohar, traités Kabbalistiques synthétisant la philosophie grecque, la magie égyptienne et les croyances iraniennes. La Kabbale sera reprise par les Alchimistes comme outil de leurs travaux.

3. Les grands maître de l’Alchimie

Albert le Grand (ou Albert de Cologne)

Né en 1193 dans une famille noble allemande (les Bolstadt), il parcourt l’Europe et étudie la médecine à Paris. Il entra dans l’ordre des Dominicains et devint maître à Paris où il enseigna. Scolastique de son temps, il s’intéressa aussi à l’Alchimie. De lui nous viennent deux ouvrages apocryphes de magie : « le petit et le grand Albert ». Il émet la théorie selon laquelle les métaux imparfait sont « malades » et l’on retrouve dans ses écrits (De Alchimia et Cinq livres sur les minéraux et les métaux) la théorie de la composition des métaux en deux principes : le soufre et le mercure. Un de ses disciples fut Thomas d’Aquin (Docteur Angélique).

Arnaud de Villeneuve (1245-1313)

Il naquit en France vers 1245 et étudiera la médecine à Montpellier puis à Paris. Il se rendra ensuite en Espagne pour y étudier la culture arabe. Il entra en contact avec l’Alchimie par l’intermédiaire de Roger Bacon. Il sera également l’ami du futur pape Clément V (le fossoyeur du Temple) et la Tradition lui donne Lulle comme disciple. On lui doit « Le Rosier des Philosophes » et « La Fleur des Fleurs » dans lesquels il expose des recettes de jouvence et y décrit les 4 étapes du travail alchimique : la dissolution, le nettoyage, la réduction et la fixation.

Roger Bacon (XIIIéme s.)

Le Docteur Admirable naquit en Angleterre en 1214, il fit ses études à Oxford et obtient sa maîtrise à Paris où il suivit les cours d’Albert le Grand de 1248 à 1250.

Son choix d’entrer dans l’Ordre des Franciscains fut désastreux car il y subit des railleries et embûches de la part de ses frères. Il étudia principalement l’astrologie. Pour lui, la destinée des hommes est déterminée par les Astres, donc il était en contradiction avec les doctrines du libre arbitre prôné par l’Église Catholique.

On lui doit l' »Opus Minus », dans lequel il y décrit l’Alchimie pratique et l' »Opus Tertium », où il décrit les secrets de l’Alchimie selon les visions de Bacon.

Raymond Lulle (1235-1315)

Suite à une apparition du Christ, il abandonne famille, honneur et fortune pour se retirer sur le mont Randa. Il tenta de convertir les tunisiens qui manquèrent de le tuer. Il sera embarqué par des Génois mais mourra sur le pont de leur bateau.

On lui doit le « Grand Art de Lulle », une méthode qui selon lui permet de tout expliquer.

Nicolas Flamel (1330-1418)

Écrivain public né en 1330, il tenait boutique à côté de la Tour Saint-Jacques.

Un rêve lui prédit qu’il entrerait en possession d’un livre écrit par un certain Abraham et qui lui permettrait de réaliser le Grand Oeuvre. Ce rêve fut rapporté par Albert Poisson qui avoua par la suite que ce ne furent qu’inventions de sa part.

Il trouva le livre en question, étudia l’Hébreux et les sciences cabalistiques. Il fit un pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle durant lequel il rencontra un personnage qui lui expliqua la signification du livre d’Abraham.

Le livre était composé de 3 fois 7 feuillets (21). Il lui fallut 21 ans de recherche avant de trouver l’homme qui put lui expliquer le livre. Le décryptage du livre lui prit 3 ans et l’Oeuvre au Blanc et au Rouge lui prit trois essais (la seconde 103 jours après la première).

Selon Fulcanelli, Flamel ne fit jamais le pèlerinage à Compostelle. Son itinéraire serait plutôt initiatique et philosophique.

Fait curieux, pendant le reste de son existence, il mena une vie de mécène, faisant construire ou rénover de nombreux bâtiments, mais à sa mort, il ne laissera qu’un mince héritage.

La Légende de Nicolas Flamel va aller an grandissant au cours des siècles et ainsi, plusieurs personnes soutiendront l’avoir rencontré à diverses époques bien après sa mort.

Jacob Boehme (XVIéme s.)

Né en Souabe en 1575. Selon lui, l ’épuration alchimique doit rendre à l’homme la maîtrise du monde. L’homme façonné à l’image de Dieu a également en lui la puissance créatrice.

Boehme soutient que les qualités divines sont au nombre de sept : les trois premières sont placées sous le signe du soufre, du mercure et du sel alchimiques et les autres sous le signe des quatre éléments.

Selon la Tradition, Jacob Boehme serait l’un des initiateurs de la Rose-Croix.

Agrippa de Neittessheim (1486-1535)

Selon Agrippa, qui fut médecin, soldat, professeur d’Hébreux et avocat, il y trois sources de la connaissance : la Nature, la Révélation et la Mystique.

Neittessheim croit que l’homme est habité par un esprit qui fait partie de l’Ame Universelle. La différence entre les corps provient de la portion d’esprit qu’ils contiennent.

Paracelse (XVIéme s.)

De son vrai nom Théophrase Bombast von Hohenstein, il sera médecin et étudia la chimie médicale. Il parcouru l’Europe et dirigea ensuite l’hôpital de Bâle.

On lui attribue les Pronostications quoiqu’il ne fut certainement pas un Adepte il étudia l’Alchimie, la Magie et l’Occultisme.

Certains pensent qu’il fut initié à la Rose-Croix et eut pour mission de répandre la lumière de la Sapience parmi les hommes.

John Dee (1527-1608)

Il naquit à Londres en 1527 et entra à l’Université de Cambridge à l’âge de quinze ans. A cause de son inclination pour les sciences occultes, il sera renvoyé de Cambridge. Il se retira à Louvain où il rencontra Henri Cornénius Agrippa, Alchimiste et Occultiste.

Il rentra à Londres en 1551 où il se mettra au service du roi Édouard VI et sera disgracié à la mort de la reine Mary. Il ne sera réhabilité qu’à l’avênement de le reine Elisabeth.

Après ses déboires avec Kelly (voir ci-dessous) il rentre en Angleterre à Mortlake où il retrouve sa bibliothèque et son laboratoire en ruine.

Il mourra dans la misère en 1608 à Mortlake.

Edouard Kelly (1555-1597) – Edouard Talbot

Il naquit en 1555 en Angleterre. Il fit ses études de notaires et après une affaire de faux en écritures, il changea de nom et s’exila.

Résidant au Pays de Galles, il trouva dans une tombe un manuscrit et deux boules de verre contenant une poudre rouge et une poudre blanche.

Munit de ses découvertes, il rejoint Londres où il entre en contact avec John Dee.

Dee et Kelly expérimentent les poudres qui se révélèrent efficaces. Dès lors, Dee invite Kelly chez lui où ils participent à des séances occultes. Kelly se révéla meilleur que Dee.

Ils se rendirent ensemble à la cour de Rodolphe II de Pragues, qui avait transformé son palais en laboratoire d’Alchimie et de sciences occultes. De Pragues, ils se rendirent ensuite à la cour de Maximilien II d’Allemagne où Kelly est incapable de transformer le plomb en or. Il sera emprisonné et lors d’une tentative de fuite, il se brisera les deux jambes. Il mourra de ses blessures en 1597.

Le Philalèthe – Eyrénée Philalèthe (XVIIème s.)

Il naquit au début du XVIIéme S. et alla s’installer très jeune en Nouvelle Angleterre.

On lui doit l’ouvrage l’Entrée ouverte au Palais fermé du Roi (1645) : « Je suis un philosophe Adepte, qui ne me nomerai point autrement que Philalèthe, mon homonyme qui signifie Amateur de la Vérité.« 

L’hypothèse la plus fréquemment citée quant à son identité est celle du savant britannique Thomas de Vaughan, représentant d’une ancienne famille noble du Pays de Galles, ami du physicien et chimiste Robert Boyle.

Le Cosmopolite (« La Nouvelle Lumière Chymique » – « Le Livre des Douze Traités »)

Sous ce pseudonyme, il s’agirait en fait d’un Écossais du nom d’Alexandre Sethon dont on ignore l’origine exacte. Il aurait quitté l’Angleterre pour la Hollande vers 1602 et se rendit à Frankfort puis à Cologne.

Il réalisa des démonstrations de son art devant des savants de son temps et fût arrêté en vue de lui faire livrer le secret de sa poudre de projection. Il fût délivré par Sendigovius mais meurt des suite de ses blessures.

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