Par facilité, le caractère néo-carbonariste des trois points renversés est ici présenté sous forme de trois points horizontaux.

§ 1 — Recrutement

Il y a sans doute quelque chose de gênant à vouloir penser le carbonarisme à la lumière de l’actualité sociale ou dans une optique détestable qui serait celle du recrutement. En effet, rien, par définition, ne peut prédisposer l’initié à sa propre initiation, puisque l’initiation est le contact avec le non-conditionnné. Il ne peut être donc recruté, puisque c’est de lui que vient la force à laquelle il est initié. Mais le carbonarisme dont nous parlons procède par étages. Et s’il y a besoin d’initiés, au sens non-conditionné du terme — sur lesquels nous ne pouvons rien dire — en revanche, il doit exister aussi des enveloppes externes, et des couches successives de sympathisants ou de militants, pas nécessairement initiés au sens traditionnel du terme (1), mais nécessaire sur le plan stratégique et tactique. Bakounine, le leader anarchiste aux trente-cinq années de Maçonnerie croyait simultanément à une révolution prolétarienne, de masse, constituée par les innombrables bataillons de travailleurs formés sur le front de l’anarcho-syndicalisme, et en une révolution que nous oserons qualifier de synarchique (2), organisée par un très petit nombre d’hommes au niveau européen — il en voulait 400 — initiés en Loges maçonniques (3), impeccable du point de vue de l’ardeur et de la morale. Disons que nous souscrivons aux vue du géant russe et que nous parlons recrutement lorsque nous réfléchissons aux relais civils et profanes.

En Europe, l’émergence en décembre 1995 d’un pôle de contestation sociale opposé à la logique du marché, l’apparition et l’extension d’un mouvement en appelant à la désobéissance civile devant l’iniquité des lois anti-immigrés, la lutte pour les sans-papier, enfin le récent mouvement de revendication des chômeurs, alors interdits de parole dans l’espace citoyen, l’émergence d’une contestation radicale paysanne internationaliste et anti-mondialiste, toutes ces initiatives citoyennes signifient que la mondialisation ultralibérale ne se fera pas sans une opposition politique. Il existe donc bien une opposition, qu’il faut bien qualifier de gauche, et c’est le premier point. Second point, c’est que cette opposition sort enrichie de l’expérience désastreuse des années de  » socialisme  » : sur toute l’Europe la  » gauche  » sociale démocrate a fait une politique dévastatrice sur le plan social, politique que la droite était incapable de produire elle-même, de telle sorte que cette opposition de gauche ne se retrouve plus dans le parlementarisme socialiste et dans les partis et les syndicats de la gauche institutionnelle. Il y a donc possibilité pour le carbonarisme de trouver dans ce front du refus de la mondialisation marchande des énergies qui n’auront pas été détournée de la cible par la récupération des institutionnels de gauche. Ce sont à eux, qui sont dans le Maquis de gauche, qu’il faut s’adresser pour composer l’enveloppe externe du carbonarisme. Ils se trouvent à la campagne dans l’écologie paysanne contestataire, à la ville dans les coordinations politiques spontanées et autogérées, hors de tout appareil.

§2 — Politique

Il n’est pas certain qu’il y ait d’ailleurs aujourd’hui une issue politique au malaise de la culture occidentale. Sans doute même faudra-t-il l’épuisement définitif de toutes les manifestations de l’Occident pour que l’humanité puisse envisager la possibilité du retour à l’essentiel. Nous laissons ici à chacun l’estimation des chances de réussite d’une subversion politique dont on a bien vu que, même si elle est une peut-être aporie sur le plan stratégique, elle n’en demeure pas moins une voie héroïque, c’est-à-dire une voie pratique de l’action par laquelle le geste juste doit être accompli, indifféremment de son issue. Confucius disait de la conduite de l’Etat qu’elle devait se faire comme on fait frire un petit poisson. Nous pourrions dire que la subversion carbonariste et le militantisme radical qu’elle exige doivent être faits avec autant d’application qu’une cérémonie du thé, l’allumage des flambeaux, la conduite d’une motocyclette ou la chasse aux filles faciles dans une mauvaise boîte de nuit.

Pour autant, s’il faut décrire à gros traits le projet politique de cette (im)posture métaphysique, nous dirons qu’il cherche la destruction du bourgeoisisme pour ouvrir les accès à l’Etre. La destruction du bourgeoisisme a déjà été étudiée dans le détail, elle exige la destruction de l’oligarchie capitaliste, et, en retour la réappropriation commune des moyens de production. Cela se complète de la réouverture des voies vers la transcendance, à travers la recomposition d’initiations prolétarienne, guerrière et sacerdotale qui ne soient plus hiérarchisées. La question se pose de savoir s’il peut exister encore une initiation de producteur opérative dans un monde post-industriel tourné vers le virtuel et le tertiaire ; s’il peut exister une voie du guerrier dans une civilisation de la masse ou la quantité fait loi sur l’aristocratie spirituelle ; s’il peut exister un sacerdoce dans une civilisation pour laquelle la resacralisation est comprise comme bien-être infra-psychologique et une fuite des épreuves. Nous ne cachons pas qu’il y a là aussi du travail à faire, un travail considérable qui exige une collaboration des trois dépôts, ce qui pourra peut-être se faire sur le territoire neutre de la Vente carbonariste. Car le carbonarisme, comme voie noire des en-dehors ne peut pas, ontologiquement autant que déontologiquement, promouvoir des systèmes structurants nouveaux. Mais son refus du cautionnement, et son révolutionnarisme intégral peut en faire ce no man’s land en lequel peuvent se réunir des Maîtres des trois Varna, tous lucides sur la fin des temps et sur la valeur de la détermination carbonariste, pour élaborer ensemble des stratégies de réveil des voies d’accès à l’Etre. Nous pensons que le carbonarisme forcera naturellement au respect les meilleurs d’entre les initiés de métier, de combat et de foi, qui verront en lui l’allié intransigeant permettant de se hisser hors de l’idéal animal. Mais le projet carbonariste n’a bien sûr ni la prétention, ni la possibilité d’offrir ce que les autres doivent offrir. En sus donc de son œuvre de subversion, l’hospitalité initiatique carbonariste doit être absolue et intransigeante avec elle-même. Il devra toujours y a voir l’eau, le drap, le sel, le miroir et le feu à offrir aux Voyageurs.

La philosophie des Lumières nous a rendu tributaire d’une conception rationnelle du politique. Il est évident, et il ne faut pas revenir là-dessus, que c’est par l’exercice de la raison que les droits de l’homme se sont constitués et qu’ils ont permis de s’échapper d’une politique fondée sur la proximité et le mimétisme, pour asseoir l’idée d’un citoyen qui doit rester mon égal, malgré l’antipathie spontanée que je puis ressentir à son égard, s’il n’est pas  » comme moi « . L’universalisme qui donne à tous les hommes, quelle que soit leur origine, sociale, culturelle ou ethnique, la même valeur de droit, cet universalisme là n’a pu se constituer qu’en renonçant progressivement à une philosophie politique de l’affect, de l’identitaire. Pour cela, il a fallu renoncer aux sentiments, et mettre en usage la raison qui est la seule faculté rendant possible la généralisation, et concevant l’homme comme dégagé de la partialité du clan, de la race ou de la classe. Lorsque l’idée d’un citoyen voit le jour, alors l’égalité enfin peut s’enraciner dans l’humanité, perçue comme un genre unique, malgré les différences de fait entre les individus et les groupes qui la constituent. Cependant, ce recours à la raison a entraîné les hommes d’après le XVIIIème siècle (dont nous sommes) à croire que c’était la vie politique elle-même qui était agie par des forces rationnelles. Il faut ici le répéter : la vie politique primitive n’est pas rationnelle. Les hommes agissent d’abord en politique en mettant les valeurs de la passion, de l’émotion, du sentiment. Ils sont ainsi guidés par une fausse spontanéité, qui est le pur jeu des forces affectives qui bougent en eux et qui les animent sur l’échiquier politique. Le moralisme des Lumières a très vite condamné ce recours à une morale du sentiment dans la politique, et il a bien fait. Mais il a oublié que l’on ne peut, par un décret de l’esprit, détruire ce qui existe. Aussi la philosophie politique moderne, laïque, désacralisée et rationaliste oublie-t-elle trop souvent la place des sentiments et des passions dans la vie politique : elle ne les voit que comme des adversaires qu’il faut supprimer. C’est sans doute une erreur, car, en refoulant la force vitale de ces instincts sociaux, en interdisant absolument leur manifestation, elle s’interdit de les comprendre et risque de recevoir de plein fouet leur réveil sous la forme d’une barbarie redoutable. S’il faut effectivement rationaliser la vie politique, il ne faut pas pour autant croire que l’on en finit ainsi avec la vie profonde et mouvante des imaginations et des passions politiques. Les oublier, c’est les rendre sauvages, et s’exposer plus dangereusement encore lorsque les tribuns et les démagogues les réveillent. D’autre part, croire que la rationalité pure suffit en politique est méconnaître les faits historiques. Pour qu’une idée voie le jour, pour qu’elle se manifeste dans la chair de l’histoire, il faut qu’elle soit possédée, investie, animée par la passion politique. C’est là ce qui est trop négligé par l’héritage des Lumières. La vie des images et des mythes politiques ne doit pas avoir la suprématie en politique, mais elle ne doit pas être non plus négligée et refoulée. Elle doit devenir le moteur puissant de l’action politique, guidé par la vigilance et la lucidité rationnelle. Aussi l’idée politique ne peut elle s’incarner dans les faits qu’à la condition qu’elle soit juste (fondée par la raison) mais aussi qu’elle soit le point de focale d’énergies passionnelles, de rêves collectifs, d’imaginaires sociaux qui travaillent sans cesse au fond de l’âme humaine. C’est pourquoi, à titre d’exemple, l’Europe telle qu’elle est pensée par les eurocrates sera un échec retentissant, parce qu’elle est bien fondée rationnellement, à partir de données mathématisables issues des spéculations des économistes, mais parce qu’elle n’est pas une Europe fantasmatique, sur laquelle convergeraient les imaginations et les mythes des peuples européens. En revanche, la République de 1792, notamment quand elle se heurte à l’alliance des monarchies européennes l’année suivante à Valmy, cette jeune République-là arrive à synthétiser les exigences transcendantes de la raison, mais coalise les énergies et les passions politiques autour du drapeau tricolore. Ainsi, l’idée de nation au XVIIIème siècle devient-elle exemplaire à ce titre, parce qu’elle a su unir contradictoriellement passion et raison, et, par le fait vital, incarner l’idéal. Les réformes politiques durables ne peuvent donc subsister qu’à la condition qu’elles s’enracinent profondément dans des mythes qui sauront cristalliser la ferveur populaire et ainsi animer l’idéal.

Maintenant, qu’est-ce qu’une société initiatique ? Le plus important n’est pas qu’elle soit secrète, mais qu’elle soit initiatique, c’est-à-dire qu’elle donne à ses nouveaux membres des références mythiques et symboliques qu’ils auront en commun avec le reste des autres initiés. Pour ce faire, la société initiatique dispose de deux caractères propres : elle pratique un rite et transmet un mythe fondateur. Le mythe fondateur est ce par quoi la société justifie de son existence, et explique sa raison d’être au monde. Mais ce mythe fondateur ne se donne pas par le biais de la raison ou de l’analyse, mais par le biais du rite, c’est-à-dire à travers une cérémonie théatralisée où sont conviées des images fortes, des symboles, des archétypes puissants. On croit communément, à propos des sociétés initiatiques, qu’elles sont engluées dans le mythe, et qu’elles sont imperméables à la modernité. On croit aussi que l’initiation est une manière de fusionner avec l’esprit du groupe, et d’y perdre en somme son individualité. Or, c’est méconnaître un fait de l’histoire récente : que les sociétés initiatiques réelles qui subsistent dans l’Occident moderne, celui d’après les Lumières, ces sociétés initiatiques ont elles aussi opéré cette réforme qui les sépare de la révélation, et les ouvre à la rationalité, débattante et individualisante. Si, dans les sociétés archaïques ou traditionnelles, la société initiatique reçoit son mythe directement des dieux, si elle se constitue à partir d’une révélation, par la parole d’un prophète ou les récits d’un Grand Ancêtre, les sociétés initiatiques modernes ont leur mythe fondateur énoncé par des hommes. Ainsi la Franc-maçonnerie dite moderne, de 1723, édite-t-elle ses nouvelles Constitutions, rédigées par des hommes — notamment Anderson et derrière Désaguliers — où le mythe fondateur est annoncé clairement : la Franc-Maçonnerie sera ce centre d’Union en lequel des hommes différents pourront fraterniser, dans leurs différences. Ce qui veut dire alors que le mythe originel d’une société initiatique moderne peut être produit par les hommes et devenir aujourd’hui, par le fait, le résultat des efforts de leur raison, comme ce fut le cas pour la Franc-Maçonnerie spéculative. Donc, une telle société initiatique peut se donner un projet politique rationnel, et à ces fins, engager et mettre en œuvre des images et des symboles qui font appel à toute cette vie nocturne de la conscience. Ici sont conviés les outils du rite. Alors l’énonciation d’un projet rationnel et universel à travers le mythe fondateur se double d’une cristallisation de l’imagination active par le rite. Le projet rationnel est donné aux initiés en des termes non rationnels, ce qui facilite l’imprégnation des membres, puis le thème s’étend ainsi des membres de la société initiatique jusqu’à la société civile par une sorte de capillarité, ou comme une nappe souterraine s’étendant sous le niveau de la terre, et irriguant bientôt les racines de tous les arbres de la surface. La société initiatique moderne qui se donne un projet politique rationnel ne doit jamais renoncer à l’universalisme de son mythe fondateur, car il en va de la morale. Mais elle ne doit pas non plus renoncer au rite par lequel elle rend vivant et énergise l’idéal rationnel auquel elle croit. Si ce n’est pas le cas, la société, d’initiatique, devient seulement une société secrète, substituant à l’enveloppe imagée du mythe un pauvre masque de secrets et de codes de conspirateurs. Une telle société secrète n’a aucune valeur, pas plus en tout cas que les spéculations creuses de théoriciens politiques sans âme. Ce fut le cas de la création de Buchez qui, ourdissant des complots contre les Bourbons au début du dix-neuvième siècle, récupère en 1821 les rituels de charbonnerie italienne, et les vide de leur substance rituelle, en les déchristianisant, et en passant à la trappe leur charge hermétique. Il souhaite ainsi constituer une nouvelle société secrète politique, et la Charbonnerie dont il dénature les rituels devint résistance secrète contre les occupants autrichiens. Mais il perd en même temps que les rituels la matière onirique par laquelle le mythe fondateur se densifie et se corporise dans l’esprit des affidés puis dans les sociétés qu’ils fréquentent. En outre, avec ses coreligionnaires, il énonce avec légèreté ce que nous appelions le mythe fondateur, c’est-à-dire que les Bons Cousins Charbonniers qui se réunissent sous son égide ne savent pas trop pourquoi ils se réunissent : certains pour la patrie, d’autre pour l’Empereur, d’autre enfin pour la Sociale. La Charbonnerie française de Buchez est donc bien une voie substituée, car son projet rationnel est mal bâti, et sa charge rituellique désamorcée par une laïcisation mal comprise qui fit perdre à la Charbonnerie une part réelle de son opérativité sociale.

On voit où nous voulons en venir : les initiés peuvent avoir un rôle politique éminent, et réciproquement, il peut y avoir une action politique efficace menée par des cénacles d’initiés, s’ils énoncent un modèle universaliste, moral donc rationnel ; et s’ils savent lui apporter la chair des rites. Ils le rendent visibles par les voiles de l’allégorie et du mystère. Ils en font un objet attractif, et le secret et le mystère dont il s’orne, paradoxalement, ne le cache pas, mais le rend plus désirable et plus fascinant. Et les images par lesquelles il s’avance le rend plus magnétique encore. Aussi les initiés ne sont-ils pas des éminences grises manipulant à leur insu des élites naïves ou des masses ignares, mais ils sont parmi les hommes de leur temps, les plus aptes à animer, à donner une âme, à la politique. Il ne faut donc pas donner aux initiés le rôle romantique et naïf de comploteurs de l’ombre. Au contraire ils sont à un moment historique donné, les plus perméables des hommes aux mythes dominants la société civile. Ils sont les plus imprégnés des imaginations politiques, parce qu’ils les vivent, parfois à leur insu (la chose doit être soulignée) dans le théatre du rite. Les initiés ne sont pas les initiateurs politiques. Ils ne sont pas ceux qui inspirent. Ils sont inspirés par la philosophie politique dominante, par la mise en symboles et en images qu’ils font dans leurs cercles. Les sociétés initiatiques ne fécondent pas un corps social amorphe et privé d’intelligence. Les sociétés initiatiques sont les premières à pressentir les passions politiques parce qu’elles ont tout l’attirail symbolique et rituelique pour le dire dans la langue de l’imagination. Les passions politiques qu’elles pressentent et qu’elles arrivent à désigner dans le corps social, elles sont les premières à les subir de plein fouet, parce qu’elle y sont très sensibles. Les lieux d’initiation sont donc des laboratoires sociaux, non pas parce que s’y ourdissent les complots révolutionnaires et parce que les gouvernements provisoires s’y répartissent les ministères, mais parce que ce sont les premiers où s’expriment la sensibilité, l’affect, l’ambiance du siècle. Canalisant la sensibilité du siècle, l’imaginaire de la rue, les initiés ne sont donc pas ceux qui fécondent un peuple amorphe. Au contraire, ils sont fécondés par la vitalité d’un peuple qui rêve à voix haute dans la rue, sans le savoir. Ils interviennent comme des baromètres de la sensibilité et des passions politiques. Leur devoir est alors d’accompagner ces passions politiques qu’ils ont pressenties vers un projet qu’ils savent universaliste. Leur capacité est aussi d’alimenter en images et en mythes la rêverie populaire pour que celle-ci ne s’épuise pas avant d’atteindre au but. En somme, les initiés ont donc un double devoir politique. Ils captent les énergies vitales qui sillonnent, irriguent et fécondent le peuple, ils les identifient et les pressentent avant tout le monde parce qu’ils ont l’expérience imaginative et symbolique préalable (rite). Ensuite, ils doivent accompagner ces forces vitales et qui cristallisent les passions populaires dans le sens d’un projet politique noble et respectable (mythe).

§ 3 – Stratégie

La finalité du néo-carbonarisme est le retour à l’unité de l’être. Son objectif est le renversement du bourgeoisisme comme économisme, politique et représentation du monde. Mais la fractalité de la domination bourgeoise fait que, aujourd’hui, il n’est plus possible de croire que la destruction de l’Etat bourgeois suffira pour désarmer cette bourgeoisie, parce que la capillarité de la diffusion des valeurs de la domination est telle que le bourgeoisisme, comme représentation du monde, réapparaîtrait, même sans la structure répressive policière d’Etat, dans toutes les âmes séparées, sur toutes les lèvres, et dans toutes les classes. C’est pourquoi l’activisme politique carbonariste ne peut se réduire à une simple lutte politique où il faudrait renverser ou s’emparer du parlement. De telle sorte que l’insurgé d’aujourd’hui qui voudrait positionner ses luttes par rapport aux seules structures oppressives politiques ferait une grave erreur. Le coup d’Etat, comme objectif politique du carbonarisme nous renverrait aux illusions de la dictature du prolétariat ou d’une nouvelle aristocratie dont on a vu qu’il ne permet pas de rendre à la société les pratiques ordinaires et coutumières qui sacralisent l’existence et l’orientent vers l’Etre. La destruction de l’Etat, prônée encore aujourd’hui par d’archéo-anarchistes désespérants de bêtise est effectuée, sans bombe ni slogans par les trusts internationaux. Croire donc que le bourgeoisisme sera détruit avec la superstructure d’oppression est une illusion, car le bourgeoisisme travaille lui-même à dissoudre la structure d’Etat républicaine. Mais cette dissolution de l’Etat régulateur du marché pourrait mettre en danger le capitalisme puisqu’il n’y aurait plus cette structure oppressive d’encadrement des opprimés. C’est la raison pour laquelle la guerre politique du néolibéralisme est mené sur deux fronts simultanément : d’une part, détruire l’Etat républicain perçu comme un frein au profit privé, d’autre part dresser les consciences individuelles pour qu’elles intègrent la domination marchande et que cela soit leur seconde nature.

Il est donc vain d’opérer des manœuvres militaires qui aspirent à détruire le capitalisme dans sa réalité matérielle et technique en frappant l’Etat bourgeois, sa milice policière ou son encadrement d’entreprise, parce que le contrôle du capitalisme est rentré dans les consciences et que celles-ci, privées de la censure, exerceront sur elles-mêmes l’auto-contrôle qui leur interdira l’accès spontané à la réintégration et à la naissance éternelle. La chose est confirmée par la lutte d’Action Directe qui échoua parce que ces militants voulaient, en tuant quelques individus instrumentalisés par le capitalisme international, éveiller les consciences prolétariennes. Or, ce fut vain, et l’on assista même à des manifestations spontanées de soutien et d’apitoiement des esclaves pour leur maître ! Il faut donc envisager non point des actions militaires terroristes au sens tactique du terme qui voudraient supprimer tel responsable de brigade ou tel banquier ou tel industriel, mais plutôt des actions qui visent à frapper ces consciences asservies. Ce n’est pas tant les maîtres qu’il faut supprimer que les esclaves.

Quoi faire alors, étant entendu que le pouvoir bourgeois n’est pas tant un pouvoir politique qu’une réductions des consciences à leur seule horizontalité ? Il est alors souhaitable d’engager la lutte et la subversion sur les masques et les marques symboliques du pouvoir bourgeois. Les manifestations objectives du pouvoir bourgeois (lutte des classes, système juridique de répression, vidéosurveillance et asservissement du travail) ne sont que les lointaines conséquences de l’extension maximale de sa représentation mentale. La représentation bourgeoise du monde s’est aujourd’hui réalisée et incarnée, elle s’est rendue réelle et concrète par sa mise en spectacle, de telle sorte que s’attaquer aux gouvernants, au monde du travail ou au pouvoir policier, tout cela est condamné à l’échec, puisqu’on s’attaque aux conséquences les plus lointaines et non à l’origine du bourgeoisisme.

Le combat doit donc être mené en direction de la représentation bourgeoise du monde et il est donc d’essence spirituelle et philosophique. Mais comme cette vision du monde est emportée par la densification permanente et son entropie, elle se révèle et se dévoile par et dans sa mise en spectacle et sa représentation symbolique.

La symbolisation permanente du spectacle et de la marchandise, nouvelle hostie de la communion avec le marché, mère du monde, est bien ce vers quoi il faut donc diriger les coups. Il est donc nécessaire d’opérer une attaque frontale en direction des lieux et des centres de symbolisation du bourgeoisisme, et d’y porter des offensives à leur tour spectaculaire.

§ 4 – Tactique

Il faudra donc engager un terrorisme qui frappera plus les imaginations que les structures réelles. L’altération du jugement qui pourra en être induit est plus dévastatrice que toutes les bombes placées dans toutes les casernes qu’on voudra. Il faudra donc engager une guerre psychologique sans relâche, où les enjeux seront symboliques plus que militaires ou financiers. Là encore, les luttes récentes, nationales ou internationales sont au fait de ces nouvelles pratiques d’action directe, et ce seront aux carbonari de s’en inspirer pour les perpétuer sous des formes plus offensives, car plus subjectivisées. Le carbonarisme s’enveloppera donc d’une aura de mystère, de conspiration, de réputation, sans que jamais les traces qu’elle laisse ne le révèle. Pour le dire autrement, le carbonarisme ne doit pas travailler à son image, mais à sa silhouette. Il doit laisser derrière elle une ambiance fantasmatique, qui magnétise les imaginations et amplifie les actions qu’il fera. Car il faut certes des initiés accomplis parmi les Bons Cousins, car il faut bien aussi des militants, aspirants à défendre la cause qu’ils pressentent, mais il faut aussi le soutien et la sympathie d’une population, prompte à aider ponctuellement ceux qu’elle ne connaît pas mais qu’elle pressent honorables. Si les luttes modernes ne sont point tant des rapports de force que des intoxications d’informations et des confrontations surmédiatiques et spectacularisées, alors la force réelle du néo-carbonarisme ne sera pas le nombre de ses adhérents ou le nombre de cartouches de fusil qu’il aura su détourner. Ce devra être la réputation qui le précède, le mythe qui l’enveloppe, l’aura qui l’accompagne. Objet imaginaire plus que réel, les luttes qu’il engage contre le pouvoir et les institutions ne sont plus sur le terrain réel des forces concrètes, mais dans l’espace rêvé des dimensions symboliques. Ici gagne celui qui porte une image puissance, archétypale, paradigmatique. Mieux encore, le faible écrasé est glorifié en martyr de la cause — voir les quatre sergents de La Rochelle —, le faible triomphant est soupçonné de puissances occultes redoutables — voir Taxil —. Quant au fort, triomphe-t-il, qu’on suppose qu’il abuse de sa force et qu’il est sans honneur ; et s’il perd, il en devient plus ridicule encore. Les combats se gagnent et se perdent aujourd’hui dans les alcôves qui précèdent l’action, dans les mises en scène, dans le spectacle et les grandes images mythiques. Il y a là tout un enseignement à chercher du côté des indiens en lutte du Chiapas et de la personnalité du Sous-Commandant Marcos, l’homme (?) à la pipe et au passe-montagne qui paralyse le FMI et les Etats-Unis avec quatre fusils de bois et un serveur internet. C’est pourquoi le cercle extérieur des sympathisants occasionnels du carbonarisme devra être ces animateurs d’images et de rêves que demeure la jeunesse estudiantine, le monde des arts et de l’information libre, et surtout les colporteurs de la rumeur populaire, celle qui enfle les songes jusqu’à la démesure. Aux Bons Cousins de laisser ça et là, auprès des profanes dont on sait la capacité rêvante, des traces fascinantes, sous forme d’opuscule de Rituels fragmentés sans auteur, d’interviouves anonymes dans des clairières sous la lune, de défilés nocturnes de Camissia Rossa devant les caméras, de taggages suggestifs à triponctuations renversée, etc. etc. C’est en disant toujours plus qu’on en cache toujours plus. L’arme essentielle du Charbonnier est bien la suie qui cache son visage mais rend plus visible — donc plus énigmatique — encore son sourire et l’éclat de ses yeux.

§ 5 — Rituel

Il faut donc impérativement s’attacher au Rituel, et le sauvegarder. Il n’est pas ce qui décore une société efficace, il en est le fondement et la racine. Le Rite pour une société initiatique à caractère politique a en outre trois fonctions : D’abord il est une sécurité contre les mouchards, une série d’épreuves qui fait qu’il devient difficile pour un infiltré de rester incognito lorsque les épreuves de remémoration des signes, mots et attouchements sont exigés à tous les membres présents de l’assemblée. Sans doute d’ailleurs l’antique cérémonie du tuilage n’avait-elle pas d’autre fonction que de repérer et d’évacuer les étrangers aux secrets du métier, autrement dit, d’éviter l’espionnage politique ou industriel, comme on dirait aujourd’hui.

Ensuite, il fait vivre une expérience commune à tous les participants du Rituel qui leur fait éprouver in concreto le sentiment d’appartenir à une même famille, avec ses codes, ses habitudes comportementales, ses travers de langages, ses signes de reconnaissance, sa mythologie commune. A ce titre, le Rituel est peut-être le seul moyen d’opérer concrètement l’expérience de la solidarité et de la Fraternité. Ainsi les participants de la cérémonie établissent-ils entre eux des liens forts qui les rendent plus efficaces lorsqu’ils s’agit de mener des actions de concert pour leur cause, ou contre l’adversaire commun. Cette fonction du rituel, comme la première, est strictement sociologique, pourrait-on dire ; elle permet de fonder une société d’hommes et de femmes liés par le serment du secret et qui, en raison même du secret sur le Rituel, est une société qui résiste plus encore aux épreuves et à l’usure du temps. En des termes d’efficacité politique, on comprendra donc pourquoi il faut que les sociétés politiques soient initiatiques. D’ailleurs les associations politiques qui durent sont toutes initiatiques en ce sens, sans qu’elles le sachent elles-mêmes, retrouvant parfois malgré elles, la ritualisation dans les rencontres, les alliances et les pactes.

D’autre part, le Rituel actualise des formes culturelles du patrimoine historique et mythique de la personne qui prend part au Rituel. Cérémonie de théâtre archaïque, elle donne la possibilité aux participants de vivre, en leur âme, en leur conscience et en leur chair des postures, des figures et des schèmes qui sont au fondement même de la conscience occidentale. Or, la Charbonnerie réveille les Figures mythiques que l’on pourrait appeler celles du peuple du Prophète de la Forêt. Les images du maquisard moderne, de Merlin l’immémorial, de Mandrin et du boisilleur médiéval, à la marge de la loi des hommes, dans un état de nature qu’envierait Rousseau, toutes ces Figures entremêlées actualisent un type psychique particulier. Par le Rituel qui les révèle régulièrement à une conscience occidentale qui les avait oubliées, — au nom de l’urbanisme et de la centralisation bureaucratique —, de telles Figures laissent leur empreinte dans la composition psychologique de celui qui les met en scène dans la cérémonie. Et plus le Rituel est vécu de manière intense, religieuse au sens primitif du mot, plus l’empreinte est forte. Alors, revenu au monde profane, le Charbonnier est apte à réveiller en lui les vertus de la Figure qu’il était dans le monde sacré. Ainsi, le lieu de la cérémonie initiatique devient aussi une sorte de matrice en laquelle croissent des qualités psychologiques que le Charbonnier peut réinvestir hors de la Vente, dans sa vie profane. A ce titre, l’initiation, en plus des qualités sociologiques qu’on lui a reconnu ci-dessus, a aussi des vertu psychologiques pour mener à bien une tache profane.

Enfin, si l’on en croit la lecture vraiment initiatique de l’initiation, ce n’est pas tant sur le plan socio-psychologique qu’agit l’initiation. Car sa fonction première est d’abord d’ouvrir vers l’autre monde, le monde sacré où dorment les dieux réveillés par le Rituel. Si l’on en croit donc la lecture archaïque de l’initiatique, le Rituel de Charbonnerie n’aurait pas d’autre fonction que de rétablir un contact entre les hommes et les esprits ancestraux du clan et de la nature, et de promouvoir alors un nouvel humanisme, polythéiste et animiste. Le projet carbonariste serait certes politique, mais alors le Rituel ne serait plus le moyen d’accomplir le projet politique, il en serait la fin, en réenchantant le monde, et en faisant tomber alors la façade déshumanisée du monde postindustriel.

Un Rituel a été  » rédigé « , pour servir les premières Ventes de néo-carbonarisme. Contrairement à la majorité des Rituels rédigés traditionnellement, celui-ci n’est pas publié sous la forme d’un dialogue que les initiés doivent apprendre par cœur ou annoner sur des livrets pendant la cérémonie. Au contraire, la structure de ce Rituel que l’on pourrait qualifier de Rite Primitif Néo-carbonariste, est très lâche et très floue. Ainsi chaque Vente peut-elle le vivre vraiment, c’est-à-dire l’expérimenter naturellement, spontanément. Il n’y a pas ici une rituélie figée, pétrifiée. Au contraire, celle-ci demeure souple, ouvre le champ libre à l’improvisation, à l’imagination, afin que l’ambiance  » forestière « , complice, conspirationniste soit vécue intensément, et que la part belle soit laissée à l’imprévu.

Il est fort vraisemblable que d’autres rituels de néo-carbonarisme verront le jour à l’issue de la publication de celui-ci. C’est même très souhaitable. Ainsi se constitueront des ambiances, des sensibilités, des nuances très diverses dans le néo-carbonarisme. La chose est même inévitable, mais il ne faut pas entendre les futures productions de rituels comme des trahisons d’hérétiques. Mieux encore, le Rite Primitif Néo-carbonariste dont on donne aujourd’hui la publication est destiné à être modifié, modelé selon les aspirations et les nécessités de ceux qui font vivre le Rituel. De toute façon, il n’y a pas d’autorité inquisitoriale en néo-carbonarisme qui déciderait (au nom de quoi ?) de la régularité d’un Rituel. En effet, le propre du Rite sacré, c’est que, contre la liturgie religieuse, il est pénétré de vie et résiste encore aux fossilisations des gardiens de la loi. Un véritable Rite qui sacralise est d’abord une Fête par laquelle le Ciel descend (monte ?) féconder la Terre. C’est la raison pour laquelle le Rite proposé laisse la place libre pour les déplacements improvisés, ou les interventions orales au milieu de la cérémonie, et le vin, la joie ou la gravité y doivent avoir leur place. Le Rite Primitif doit être entendu comme une ossature appauvrie, une charpente minimaliste qui peut suffir, mais qui accepte néanmoins d’être enrichie d’éléments nouveaux.

Pour autant, en aucune manière un nouveau Rituel de néo-carbonarisme ne peut amputer d’un de ses éléments le Rite Primitif proposé. En effet, amoindri jusqu’à devenir une peau de chagrin, le rite néo-carbonariste entraînerait progressivement les carbonari vers la pente de la Voie Substituée, c’est-à-dire d’une action politique dénuée de toute orientation spirituelle. Or le vrai défi de la vie politique moderne est d’éviter la barbarie et d’entretenir l’humanisme. Mais il ne peut y avoir d’humanisme sans spiritualité. Et le Rite spiritualise l’homme.

On peut considérer qu’il y a cinq stratifications à l’œuvre dans la Charbonnerie : la charbonnerie primitive, païenne et paria ; la charbonnerie catholicisée, à partir du XIIème siècle ; la charbonnerie maçonnisée du XVIIIème siècle ; le carbonarisme politique au XIXème siècle ; la charbonnerie spéculative de métier depuis 1996. A chacune de ces étapes de l’histoire de la Charbonnerie, des hommes ont cherché à y laisser leurs empreintes, afin d’en faire l’objet au service de leur cause, afin aussi de l’adapter à son temps afin qu’elle y survive et s’y déploie. Chaque étape du processus historique a laissé son empreinte dans les rituels. Pour notre part, et avec ce que nous espérons être de l’humilité et de la clairvoyance, nous avons compulsé, dans la mesure du possible, ces divers rituels, qui parfois n’ont rien de commun les uns avec les autres, afin d’en tirer une nouvelle épreuve, pour le néo-carbonarisme. Notre projet n’était pas, en produisant de  » nouveaux  » rituels, de faire comme d’autres, des outils à notre service. Nous ne nous considérons pas non plus comme les détenteurs d’un Régime qui soit le seul authentique ou le plus prêt de la vérité de la Charbonnerie ; mais, en bâtissant nos nouveaux rituels nous avons cherché à faire tenir ensemble la double exigence d’une œuvre qui soit à la fois en congruence avec son temps  » moderne « , mais aussi fidèle aux fondamentaux du carbonarisme  » primitif « . Avons-nous réussi ? Nous ne le savons pas.

C’est la raison pour laquelle, par exemple, nous n’avons pas retenu la surcharge catholique omniprésente jusque dans les années 1820. Il fallait, à cet époque, professer uniquement la foi en Jésus-Christ pour pouvoir embrasser la carrière de Bon Cousin Charbonnier. Il nous a semblé que le creuset catholique ne parle plus aujourd’hui à la société française ; et même qu’il est connoté symboliquement de valeurs réactionnaires et autoritaires, donc archaïques dans la société moderne. C’est pourquoi il nous a fallu purger la Charbonnerie de ses scories papistes, pour opérer un transfert vers son paganisme initial, qui, de plus, se retrouve comme la sensibilité dominante de l’époque moderne — éprise d’un  » primitivisme  » très rousseauiste. De la même manière, nous n’avons pas retenu les éléments du rituels, et les principes administratifs qui faisaient de la Vente le reflet parfait de la Loge maçonnique. Les Officiers y étaient représentés de la même manière, avec les mêmes compétences et les mêmes fonctions. Il a fallu, là encore,  » démaçonniser  » la Charbonnerie. Ce n’est pas que la Maçonnerie soit aujourd’hui caduque ou obsolète, mais il convient d’opérer une claire dissociation entre une société qui travaille à la Fraternisation, dans le respect des autorités constituées, et une société qui travaille à l’Emancipation, sans le souci de la reconnaissance institutionnelle. La séparation des objectifs doit aussi s’affirmer dans le pilotage interne.

Enfin, contre le carbonarisme activiste, nous n’avons pas axé la revendication politique sur l’insurrection armée et le recours à une violence dite légitime pratiquée par des minorités agissantes. Cette fascination pour la violence écœure après que ce siècle soit passé par les camps, qui tuèrent les hommes au nom de leur bonheur. En outre, le poignard planté dans le dos d’un officier de police est moins meurtrier que l’indifférence que l’on a pour son uniforme. Pour le redire encore, contre le carbonarisme qui voulait en finir avec les maîtres, le néo-carbonarisme veut en finir avec les esclaves, notamment en rendant les hommes indifférents à la fascination par le pouvoir. C’est le troisième renversement de perspective dans la réécriture rituélique à laquelle nous nous sommes livrés.

Déchristianisation au bénéfice d’un réenchantement animiste ; retrait loin de l’aura respectable de la Maçonnerie au profit d’une invisibilité institutionnelle ; refus du terrorisme romantique pour lui préférer la sérénité de l’homme sans maître. Pan s’assoit sur le Golgotha, Anderson prend le maquis, tandis que Buonarotti apprend à rire… Les initiés jugeront.

Notes : Le présent rituel est issu du dernier ouvrage d’A.R. Koenigstein  » Les Braises sous la Cendre » paru aux éditions Gouttelettes de Rosée.

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