La secte des Assassins, tout comme les Templiers, a fait couler beaucoup d’encre. Que n’a-t-on prêté à ces « fous » de Dieu ? Et pourtant, les Assassins ne sont qu’une des nombreuses sectes Shi’ites qui apparaissent dans le sillage des imams successeurs d’Ali. Ici, un petit historique de l’Islam après la disparition de Muhammad s’impose.

Après la mort de Muhammad en 632, 3 Khalifes se succèdent à la tête de la Communauté islamique. Le troisième, Uthman, meurt en 644, c’est l’occasion pour Ali, neveu et gendre de Muhammad, de prendre le commandement des croyants. Toutefois, ce titre lui est bientôt contesté par Mu’awiyya, cousin d’Uthman. Suite à la bataille de Ciffin et au jugement d’Hadroth en 658, Ali renonce au Khalifat et laisse Mu’awiyya prendre le pouvoir. Ali sera tué par les Kharidjites en 661.

En 680, la presque totalité des descendants d’Ali est massacrée à Kerbalah.

Ainsi, en 765, Jaffar al-Saddiq, 6e descendant d’Ali, meurt en laissant deux fils. L’aîné, Ismaïl, déshérité par son père et Musa al Kazim qui reçoit l’Imamat selon la volonté de son père.

Certains chi’ites refusent le jugement de Jaffar et soutiennent Ismaïl dans sa lutte pour conquérir le pouvoir. À sa mort, ses partisans soutiendront qu’il s’est simplement occulté du monde et qu’il reviendra au Jours du Jugement.

De cette lutte intestine, sortiront les deux grands mouvements shi’ites actuels : les duodécimains (successeurs de Musa) et les ismaéliens (successeurs d’Ismaïl).

En 909, l’empire Fatimide d’Égypte est fondé par les Qarmates. Al-Mustansir devient donc le 8e Khalife chi’ite en régnant sur l’Égypte. À sa mort, son fils cadet Mustali est choisi par le vizir comme son successeur, en lieu et place de Nizar. De cette nouvelle querelle dynastique va naître le mouvement ismaélien « nizarite ».

Au milieu du 11e siècle, naît à Qom Hassan I Sabbah, issu d’une famille perse bourgeoise appartenant au mouvement ismaélien. Il étudie à Ispahan les textes sacrés persans : les Avestas, les livres de Zarathoustra; et les textes sacrés musulmans. Il sera influencé par des Daïs (prédicateurs) ismaéliens nizarites et se rendra par la suite au Caire, ville de la connaissance de l’époque, où il s’intégrera dans le mouvement politique et religieux soutenant Nizar.

Il prêche bientôt la Nouvelle Prédication, dans laquelle il mêle des éléments du mazdéisme et du néo-platonisme.

Hassan lance ses daïs dans toutes les régions du monde musulman et tente surtout de convertir à la Nouvelle Prédication les autres shi’ites.

Du fait de ses agitations politiques, il doit quitter Le Caire et ainsi, grâce à ses fidèles, il se réfugie bientôt à Alamut dans les montagnes perses. De là, il mènera son mouvement d’une poigne de fer et appliquera des siècles avant les nazis une propagande agressive via ses missionnaires et une politique de terreur via ses sectateurs, bientôt surnommés « assassins ». Ceux-ci seront vite craints par les musulmans et les croisés. Les assassins servent de bras armé à Hassan et successeurs, bras armé frappant aveuglément suivant les ordres reçus d’Alamut. Une mission d’Hassan s’établira aussi en Syrie, dans les montagnes. Ce sont ces assassins dont parleront les chroniqueurs des croisades.

L’origine du mot est difficile à cerner. Certains font dériver ce mot du hashish utilisé par Hassan pour endoctriner et fanatiser ses tueurs, d’autres le font dériver du mot arabe « assas », gardien, sous-entendant par là que les nizarites de la nouvelle prédication sont les gardiens de la terre sainte. L’utilisation du hashish par les dirigeants du mouvement pour fanatiser leurs séides est un fait tout aussi invérifiable que leur rôle de gardien. Nous laissons donc les experts tenter d’élucider le mystère de leur nom.

La secte sera complètement éradiquée de Perse en 1258 par les troupes mongoles. Toutefois, la secte, sous une autre forme, perdurera jusqu’à nos jours avec pour chef, l’Aga Khan.

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